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BD sur l’Angleterre victorienne

BD sur l’Angleterre victorienne

Le scénariste finistérien étudie les rapports d’un dandy décadent et de sa servante. Une chronique sociale captivante, joliment illustrée par Virginie Augustin.

Dans l’Angleterre victorienne, il aime provoquer ses amis, voire les choquer, par les récits de sa vie dissolue. Édouard est l’archétype du dandy décadent, qui ne s’impose aucune limite, fort de son rang et de son physique avantageux. « C’est un garçon vénusien, centré sur la séduction », définit le scénariste Hubert, natif de Saint-Renan dans le Finistère.

Lisbeth est au cœur du récit.

Dans sa vie de débauche, marquée par des nuits à risque et des journées comateuses, Édouard va trouver une planche de salut inattendue : sa nouvelle domestique. Lisbeth est aussi ronde qu’il est anguleux, aussi droite qu’il est tordu. « Elle est associée à des qualités masculines de force et de retenue ; j’aime bien explorer et questionner les stéréotypes pour mieux les détourner », s’amuse Hubert.

Entre ces deux personnages que tout oppose va se tisser une relation forte, dépourvue de toute ambiguïté. À travers leur confrontation, c’est bien l’opposition de classe dans une société corsetée qui est disséquée par Hubert. L’approche historique et sociale du récit se prolonge dans un passionnant cahier, à la fin de l’ouvrage.

Edouard est le modèle parfait du dandy Edouard est le modèle parfait du dandy

Maîtres et servants

Il décrit avec acuité les ressorts de la révolution industrielle, les valeurs puritaines de la reine Victoria, la domesticité. « À travers mes recherches, j’ai constaté que la société victorienne était allée très loin dans l’horreur sociale », estime Hubert.

Le dessin soyeux de Virginie Augustin utilise avec habileté le champ contrechamp pour souligner l’opposition entre les maîtres et les servants, dans une approche digne de la série Downton Abbey.